Impôt sur les salaires : le barème 2025 adapté de 2,5 tranches indiciaires et les nouveaux crédits d'impôt au 1er janvier 2025

La loi du 20 décembre 2024 portant modification de la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l'impôt sur le revenu, publiée au Mémorial A n° 589 du 24 décembre 2024, est entrée en vigueur le 1er janvier 2025. Le règlement grand-ducal du 20 décembre 2024 portant publication des barèmes de la retenue d'impôt sur les salaires, publié au Mémorial A n° 590 du même jour, fixe les barèmes que l'employeur applique depuis la paie de janvier.

Le législateur met en œuvre le paquet d'allègement fiscal annoncé par le gouvernement le 17 juillet 2024. L'objectif affiché par le ministère des Finances est de réduire l'impôt de tous les ménages, en priorité les bas salaires et les familles monoparentales, et d'encourager l'entrée des jeunes sur le marché du travail.

Un barème relevé de 2,5 tranches indiciaires, après les quatre tranches de 2024

Les tranches du barème sont adaptées à hauteur de 2,5 tranches indiciaires au 1er janvier 2025. Cumulée avec l'adaptation de quatre tranches entrée en vigueur en 2024, la neutralisation atteint 6,5 tranches indiciaires en deux ans. Selon le ministère des Finances, une famille monoparentale dont le salaire brut annuel ne dépasse pas 52.400,00 € ne paie plus d'impôt au titre de l'année 2025.

Pour l'employeur, l'effet est mécanique : la retenue à la source se calcule avec les barèmes publiés au Mémorial A n° 590 dès le premier bulletin de l'année. Le logiciel de paie doit avoir intégré ces barèmes avant la clôture de janvier, faute de quoi la régularisation se reporte sur les mois suivants.

Deux crédits d'impôt revalorisés que l'employeur applique directement en paie

Le crédit d'impôt salaire social minimum, le CISSM, passe de 70,00 € à 81,00 € par mois pour un salaire brut mensuel compris entre 1.800,00 € et 3.000,00 €. Entre 3.000,00 € et 3.600,00 €, il décroît selon la formule 81 / 600 × (3.600 moins le salaire brut mensuel). Le montant se calcule sur le salaire brut réel pour un mois complet à temps plein, sinon sur un salaire fictif ramené au temps plein. L'employeur l'accorde au salarié qui dispose d'une fiche de retenue d'impôt.

Le crédit d'impôt monoparental, le CIM, est porté de 2.505,00 € à 3.504,00 € par an pour un revenu imposable ajusté inférieur à 60.000,00 €. Il décroît ensuite jusqu'à 750,00 € au-delà de 105.000,00 €. Il est versé par l'employeur lorsqu'il figure sur la fiche de retenue d'impôt du salarié, et reste diminué de la moitié des allocations perçues pour l'enfant au-delà de 2.712,00 € par an.

Une prime jeune salarié exonérée à 75 % pour les moins de 30 ans en premier CDI

La loi crée l'article 115, numéro 13d de la loi concernant l'impôt sur le revenu. L'employeur peut verser une prime annuelle exonérée à 75 % à un salarié qui a moins de 30 ans au début de l'année d'imposition, qui occupe son premier contrat à durée indéterminée auprès d'un employeur établi au Luxembourg, et dont la première prime remonte à moins de cinq ans. Seuls les contrats conclus à partir de l'année d'imposition 2025 ouvrent droit à l'exonération, et un changement d'employeur y met fin.

Rémunération brute annuelle Prime maximale exonérée à 75 %
Jusqu'à 50.000,00 € 5.000,00 €
De 50.000,01 € à 75.000,00 € 3.750,00 €
De 75.000,01 € à 100.000,00 € 2.500,00 €
Au-delà de 100.000,00 € Pas d'exonération

Le règlement grand-ducal du 20 décembre 2024 relatif aux modalités de calcul de la prime jeune salarié, publié au Mémorial A n° 592 du 24 décembre 2024, précise le calcul au prorata pour le temps partiel ou l'année incomplète et les mentions à porter sur le certificat de rémunération.

Une prime participative élargie et un régime des impatriés forfaitaire

L'enveloppe de la prime participative passe de 5 % à 7,5 % du résultat de l'exercice précédent, et le plafond individuel de 25 % à 30 % de la rémunération brute annuelle du salarié. L'exonération de 50 % de la prime est inchangée.

Le régime des impatriés abandonne le remboursement de frais au profit d'une exonération forfaitaire de 50 % de la rémunération brute annuelle, plafonnée à 400.000,00 €, pour une durée maximale de huit ans. Les bénéficiaires de l'ancien régime peuvent le conserver ou opter pour le nouveau. Les salariés frontaliers disposent en outre d'un crédit d'impôt pour heures supplémentaires de 700,00 € par an au maximum, demandé par la voie du décompte annuel et non par l'employeur.

Ce qu'il faut retenir :

  • Les barèmes de retenue 2025 s'appliquent dès le bulletin de janvier, sur la base du Mémorial A n° 590 du 24 décembre 2024.
  • Le CISSM passe à 81,00 € par mois entre 1.800,00 € et 3.000,00 € de salaire brut mensuel, puis décroît jusqu'à 3.600,00 €.
  • Le CIM atteint 3.504,00 € par an sous 60.000,00 € de revenu imposable ajusté.
  • La prime jeune salarié, exonérée à 75 %, est plafonnée à 5.000,00 € et réservée aux moins de 30 ans en premier CDI conclu à partir de 2025.
  • La prime participative monte à 7,5 % du résultat et 30 % de la rémunération brute annuelle.

Les montants ci-dessus sont ceux publiés par l'Administration des contributions directes au moment de la rédaction. Les conditions d'application de chaque crédit ou prime, notamment en cas de temps partiel, d'entrée en cours d'année ou de pluralité d'employeurs, s'apprécient au regard des textes et des circulaires de l'administration.

Vos bulletins de janvier intègrent-ils ces nouveautés ?

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