Suivre l’absentéisme et le turnover : les bons indicateurs pour piloter vos ressources humaines
Les taux d’absentéisme et de turnover sont des indicateurs RH incontournables. Bien mesurés, ils éclairent les décisions en matière de recrutement, de santé au travail, et de fidélisation des équipes.
Ces indicateurs permettent de :
- détecter les risques sociaux ou organisationnels,
- suivre l’évolution du climat de travail,
- et anticiper les besoins en personnel.
Questions et réponses
- À partir de quel seuil un taux d’absentéisme ou de turnover doit-il alerter l’entreprise ?
Un taux d’absentéisme supérieur à 5-6 % ou un taux de turnover dépassant 10 % doivent faire l’objet d’une analyse attentive et, en cas de franchissement récurrent, déclencher une enquête interne ou un audit social. - Doit-on compter toutes les absences et tous les départs dans les calculs ?
Non, seules les absences telles que la maladie, les accidents, les absences injustifiées et les congés sans solde sont prises en compte pour l’absentéisme (hors congés légaux et RTT). Pour le turnover, il est recommandé de distinguer les types de départs (volontaires, involontaires, naturels). - Est-il obligatoire de transmettre ces indicateurs à la délégation du personnel ?
Oui, dès lors que l’effectif excède 15 salariés, l’information de la délégation du personnel sur ces taux fait partie des obligations sociales légales.
Conditions d’application
Ces indicateurs sont particulièrement utiles lorsque :
- l’entreprise dépasse 15 salariés (obligation d’information à la délégation du personnel),
- un turnover élevé fragilise la continuité des opérations,
- l’absentéisme devient structurel (taux > 5 %),
- un plan de prévention des risques psychosociaux est en cours.
Ils concernent tous les secteurs, y compris ceux régis par une convention collective spécifique.
Modalités pratiques
Définitions
- Taux d’absentéisme : proportion des jours d’absence sur la période travaillée.
- Taux de turnover : pourcentage de départs par rapport à l’effectif moyen sur une période donnée.
Formules de calcul
| Indicateur | Formule |
|---|---|
| Absentéisme | (Jours d’absence ÷ Jours ouvrés théoriques) × 100 |
| Turnover | (Nombre de départs ÷ Effectif moyen) × 100 |
- Jours ouvrés théoriques = nombre de jours × effectif moyen
- Effectif moyen = (effectif au 1er janvier + effectif au 31 décembre) ÷ 2
Données à intégrer
- Pour l’absentéisme : inclure les absences maladie, accident, absences injustifiées, congés sans solde (mais pas les congés légaux ni RTT).
- Pour le turnover : distinguer les motifs de départ :
- Volontaires : démissions, départs négociés
- Involontaires : licenciements, fins de contrat (CDD, intérim)
- Départs naturels : retraite, décès
Exemples concrets
Cas 1 – Analyse d’absentéisme
Service production (12 salariés)
> Total des jours d’absence maladie = 126 jours
> Jours ouvrés théoriques = 252 jours × 12 salariés = 3 024 jours
> Taux d’absentéisme = (126 / 3 024) × 100 = 4,17 %
Cas 2 – Suivi du turnover
Département commercial (25 salariés)
> 5 départs enregistrés sur l’année
> Effectif moyen = (26 + 24) / 2 = 25
> Taux de turnover = (5 / 25) × 100 = 20 %
Cadre juridique
- Code du travail luxembourgeois, art. L.312-1 : obligation générale de prévention des risques
- Directive européenne 89/391/CEE, transposée par la loi modifiée du 17 juin 1994
- Obligations d’information sociale : art. L.414-3 (communication à la délégation)
- Conventions collectives : certaines branches (santé, nettoyage, banques) imposent un reporting social structuré
Pratiques et recommandations
- Suivre les indicateurs mensuellement, trimestriellement, et annuellement
- Croiser avec d’autres données : ancienneté, catégorie de poste, service
- Intégrer ces indicateurs dans les bilans sociaux et les entretiens stratégiques RH
- Mettre en place des entretiens de sortie systématiques
- En cas d’alerte (> 10 % turnover ou > 6 % d’absentéisme), enclencher une enquête interne ou un audit social