Travail le samedi et le dimanche : réglementation
Les deux jours du week-end n'ont juridiquement rien en commun. Le samedi est un jour ouvrable comme les autres ; le dimanche est un jour de repos protégé par la loi, dont l'utilisation reste l'exception. Confondre les deux régimes conduit aux deux erreurs classiques : payer le samedi comme un jour spécial qu'il n'est pas, et traiter le dimanche comme un jour ordinaire qu'il n'est pas non plus.
Traiter le samedi comme un jour ordinaire, parce qu'il l'est
Aucune autorisation ni majoration légale n'encadre le travail du samedi : seules les règles générales s'appliquent, dont le repos journalier de 11 heures consécutives entre deux journées. Les majorations du samedi, quand elles existent, viennent des conventions collectives ou du contrat, jamais de la loi ; les promettre « de droit » est une erreur de paie fréquente.
Réserver le dimanche aux exceptions prévues
Le principe est l'interdiction d'occuper les salariés le dimanche de minuit à minuit. Y dérogent les secteurs et situations prévus par la loi, hôpitaux, horeca, transports, gardiennage, activités en continu, et les autorisations ministérielles ponctuelles pour des besoins temporaires, après consultation de la délégation du personnel. Hors de ces cadres, un planning dominical, même volontaire, reste illégal.
Payer 70 % et rendre le repos, les deux à la fois
Chaque heure prestée un dimanche ouvre droit à une majoration de 70 % du salaire horaire. S'y ajoute un repos compensatoire : une journée entière si le travail dominical a dépassé 4 heures, une demi-journée sinon, à placer avant ou après 13 heures avec une journée plafonnée à 5 heures de travail. Lorsque le repos compensatoire est accordé, seul le supplément de 70 % reste dû en argent.
Attention au taux : les 100 % concernent les jours fériés, pas le dimanche. Et dans l'horeca, l'agriculture et la viticulture, le salarié qui travaille au moins 20 dimanches par an gagne 2 jours de congé payé supplémentaires.
Anticiper la bascule du commerce au 19 juin 2026
La loi du 19 décembre 2025 réglementant les heures d'ouverture dans le secteur du commerce et de l'artisanat, publiée au Mémorial A n° 601, s'appliquera à partir du 19 juin 2026 : le plafond dominical des salariés du commerce passera de 4 à 8 heures dans les enseignes de moins de 30 salariés, les plus grandes devant passer par un accord collectif ou, à défaut, par six dimanches dérogatoires par an sur autorisation ministérielle. La majoration de 70 % n'est pas touchée ; les plannings du second semestre, eux, sont à repenser dès maintenant.
Garder les protections en tête, quel que soit le secteur
Le repos hebdomadaire ininterrompu de 44 heures reste l'objectif de l'organisation, avec compensation lorsque l'activité ne permet pas de l'accorder. Les jeunes de moins de 18 ans ne travaillent pas le dimanche hors exceptions sectorielles strictes, et la salariée enceinte ou allaitante peut être dispensée de travail dominical. Un roulement affiché à l'avance et un suivi précis des repos compensatoires évitent l'essentiel des litiges.
En résumé : un jour banal, un jour compté
Le basculement à opérer : cesser de gérer « le week-end » comme un bloc. Le samedi se planifie librement aux conditions ordinaires ; le dimanche se justifie, se paie à 70 %, se compense en repos, et, dans le commerce, change d'échelle au 19 juin 2026.
Vos plannings dominicaux sont-ils en règle ?
Base légale du travail dominical, majoration appliquée, repos compensatoires réellement pris : trois vérifications sur le dernier trimestre suffisent à mesurer le risque.