Réforme des retraites 2026 : ce qui change côté employeur
La Chambre des députés a adopté le 18 décembre 2025 les adaptations du régime de pension. La loi du 19 décembre 2025 portant modification du Code de la sécurité sociale s'applique par étapes depuis le 1er janvier 2026, et plusieurs de ses volets concernent directement la paie et la gestion des fins de carrière.
L'objectif affiché par le législateur est la viabilité du régime : les recettes issues des cotisations progressent, l'âge effectif de départ recule, et de nouveaux dispositifs encouragent la prolongation d'activité. Les pensions en cours de versement ne sont pas modifiées.
Une cotisation pension portée de 24 % à 25,5 %, part patronale comprise
Le taux de cotisation global de l'assurance pension passe de 24 % à 25,5 %. La répartition tripartite est conservée : salarié, employeur et État contribuent désormais chacun à hauteur de 8,5 %, contre 8 % auparavant.
Pour l'employeur, le demi-point supplémentaire s'applique sur les salaires cotisables depuis le 1er janvier 2026. Il est à intégrer dans les budgets de masse salariale et dans tout calcul de coût d'embauche établi sur les anciens paramètres.
Un allongement progressif de la durée de cotisation pour la retraite anticipée
À partir du 1er juillet 2026, la durée de cotisation exigée pour la pension de vieillesse anticipée augmente par paliers : un mois supplémentaire en 2026 et en 2027, puis deux mois par an de 2028 à 2030. Au terme du calendrier, 488 mois seront exigés, soit 40 ans et 8 mois contre 40 ans aujourd'hui.
| Année | Mois ajoutés | Durée exigée |
|---|---|---|
| 2026 (dès juillet) | +1 | 481 mois |
| 2027 | +1 | 482 mois |
| 2028 | +2 | 484 mois |
| 2029 | +2 | 486 mois |
| 2030 | +2 | 488 mois |
Les départs prévisionnels calculés avant la réforme méritent donc une vérification : un salarié qui comptait liquider sa pension anticipée sur la base des 480 mois peut voir sa date décalée. Les pensions déjà versées et les droits des salariés remplissant déjà les conditions ne sont pas remis en cause.
Une pension progressive avancée par l'employeur, remboursée par la CNAP
La réforme introduit la pension progressive dans le régime général : le salarié en fin de carrière réduit son temps de travail tout en percevant une fraction de sa pension. L'allocation est en principe versée par l'employeur, qui se fait rembourser par la CNAP.
Le dispositif suppose une ancienneté de trois ans dans l'entreprise et un temps de travail moyen d'au moins 75 % d'un temps complet. Il offre un cadre légal aux aménagements de fin de carrière jusqu'ici négociés au cas par cas, mais implique un circuit de préfinancement à organiser en paie.
Un abattement fiscal pour les salariés qui prolongent leur activité
Depuis le 1er janvier 2026, le salarié qui remplit les conditions d'ouverture de sa pension mais choisit de continuer à travailler peut bénéficier d'un abattement fiscal, à demander via MyGuichet.lu. Pour l'employeur, c'est un argument concret de rétention des profils expérimentés.
Ce qu'il faut retenir :
- Cotisation pension globale à 25,5 % depuis le 1er janvier 2026, part patronale portée de 8 % à 8,5 %.
- Durée de cotisation de la retraite anticipée allongée par paliers à partir du 1er juillet 2026, jusqu'à 40 ans et 8 mois en 2030.
- Pensions en cours et droits déjà ouverts inchangés.
- Pension progressive : réduction du temps de travail en fin de carrière, allocation avancée par l'employeur et remboursée par la CNAP.
- Abattement fiscal pour les salariés qui travaillent au-delà de l'ouverture de leurs droits.
Le calendrier et les modalités d'application relèvent de la loi du 19 décembre 2025 et de ses règlements d'exécution. La situation individuelle d'un salarié, notamment la durée de cotisation déjà acquise, s'apprécie auprès de la CNAP.
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